(10/06/2017) – Le panache en politique c’est ne pas attendre d’être viré pour partir? C’est de savoir démissionner pour se donner à fond dans une campagne électorale.

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Législatives: la démission des ministres battus n’a pas de sens  –  Cette fausse tradition n’est ni logique ni morale

À quoi rime l’obligation faite aux membres du gouvernement de remporter leur élection législative sous peine d’être débarqués ? La règle n’est ni logique ni morale et, contrairement à ce qui se dit, ne correspond à aucune tradition.

Christophe Castaner et Richard Ferrand font partie des ministres dont le poste est mis en danger par les législatives. SIPA. 00810145_000016 / 00810145_000012

Puisqu’il se pique de rénover la vie politique française, Emmanuel Macron aurait été bien inspiré de rompre avec une règle qui ne satisfait qu’en apparence aux exigences démocratiques et ne répond en fait à aucune logique : celle qui consiste, pour un ministre battu aux législatives, à démissionner. Or, non seulement il n’a rien décidé de tel, mais il a aggravé cette contrainte au nom d’une prétendue « tradition », dont il est facile de démontrer qu’elle n’a jamais existé.

 

Une victime en 10 ans

 

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« Il se passerait toujours quelque chose aux galeries Lafayette » d’Orléans et/ou d’ailleurs : http://wp.me/p4Im0Q-1CO

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Au demeurant, dix années suffiraient-elles à ancrer une tradition ? Elle ne saurait en effet remonter au-delà de la présidence Sarkozy, et à ce compte a fait en tout et pour tout une seule victime : Alain Juppé, défait le 17 juin 2007 dans la deuxième circonscription de la Gironde par la socialiste Michèle Delaunay, et pour cette raison éjecté du gouvernement Fillon dont il aura été l’éphémère numéro deux avec le titre de ministre d’État, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables. C’est bien mince pour une tradition, mais ne s’agit-il pas là au moins d’une règle de bon sens ? Incapable de s’imposer localement, devant ses propres électeurs, est-on digne d’incarner l’exécutif ? La République ne veut pas de « losers » !

 

“Votez pour moi, vous ne me verrez plus!”

Emmanuel Macron place aujourd’hui la barre plus haut en exigeant le départ de tous ses ministres battus, qu’ils soient sortants ou non. La menace, on le sait, pèse sur six membres du gouvernement : non seulement les élus de 2012 Richard Ferrand, Bruno Le Maire, Christophe Castaner et Annick Girardin, mais aussi Marielle de Sarnez, candidate dans une circonscription qui l’avait sèchement éliminée dès le premier tour en 2007, et Mounir Mahjoubi, pur produit de la « société civile ». Que signifie pour ces derniers l’obligation de conquérir un siège ? Le message envoyé aux électeurs est hélas clair : « Votez pour moi et je ne vous représenterai pas ! Accordez-moi ce mandat car c’est la condition pour que j’en exerce un autre ! » En matière de logique, et même de morale politique, on peut rêver mieux.

Impossible en tout cas de déceler ici la moindre trace de « tradition », non plus que du fameux et fumeux « esprit des institutions » que certains observateurs ont cru pouvoir discerner. Esprit, es-tu là ? Assurément non, et trois exemples plus ou moins mémorables attestent au contraire que, si tradition il y a, elle va exactement en sens inverse.

Trois contre-exemples

  • Le premier remonte à 1967. Le général De Gaulle charge son ministre des Affaires étrangères, le fidèle Couve de Murville, d’aller défier dans le VIIe arrondissement de Paris le presque indéboulonnable Édouard Frédéric-Dupont, élu (à contre-courant) en 1936, battu pour la première fois en 1962 pour cause de dissidence sur le dossier algérien, et qui tente de reconquérir son siège.
  • En 1978, Alice Saunier-Séité, ministre des Universités du gouvernement Raymond Barre, tente un parachutage en Moselle sous l’étiquette UDF et y connaît un échec cuisant, éliminée dès le premier tour à la fois par le candidat RPR et par le socialiste.
  • En juin 1988 enfin, Bernard Kouchner, secrétaire d’État chargé de l’Insertion sociale dans le premier gouvernement Rocard, mord lui aussi la poussière lors d’un parachutage catastrophique dans le Nord avec l’étiquette socialiste.

Distinction de bon sens, qui paraît aujourd’hui oubliée. Car la doctrine Macron, si c’en est une, méconnaît qu’un ministre efficace se condamne par définition à moins arpenter sa circonscription ou, plus lourd de conséquences, celle qu’il convoite. On ne pleurera peut-être pas sur le cas d’éventuelles météores ayant connu un sort défavorable ; on déplorera seulement qu’une prétendue tradition introduise un peu d’instabilité gouvernementale et encourage les ministres, au mieux à se tenir cois, au pire à se laisser tenter par les vieilles ficelles du métier : négocier avec les appareils une circonscription en or et promettre de l’arroser.

Est-ce grave de se présenter aux législatives quand on est ministre. C’est cela la transparence promise par « Macron-nique-ton-Peuple » (alias MNTP)? Autoriser un ministre à postuler pour être député est une aberration électorale. C’est dire qu(il ne doit en faire beaucoup dans son ministère…. Et dans ce cas pourquoi garder ledit ministère?

La classe serait de démissionner, en cas d’échec et ne pas avoir à être viré.

L’élégance et le panache ce serait de démissionner de son poste de ministre, dès lors qu’il  devient putatif…. Mais qui le pourrait? Quelle pauvre classe politique…

http://www.causeur.fr/legislatives-ministres-danger-premier-tour-44760.html

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