(01/06/2017) – Quand on peut interdire la non transparence des candidats « divers à variés » et qu’on ne le fait pas, c’est interdire la transparence à venir…!

Publié le Mis à jour le


Affaire Ferrand: Opération mains moites  –  Pourquoi la “moralisation” ne va rien changer

richard ferrand loi moralisation

Richard Ferrand. Sipa. Numéro de reportage : 00703363_000011.

L’affaire Ferrand, qui empoisonne le nouveau président de la République quelques semaines après son élection, était un boomerang inévitable. Les équipes et les soutiens d’Emmanuel Macron, dont Richard Ferrand était une pierre angulaire, ont abondamment utilisé l’affaire Fillon quand elles ne l’ont pas organisée. Ce qu’il est légitime de qualifier de « coup d’État judiciaire » avait pour but de fausser l’élection présidentielle en disqualifiant le candidat de droite républicaine. Quelle meilleure cible que celui qui portait la soi-disant exigence de probité du nouveau pouvoir ? Et bien évidemment, ce qui permet de faire des gorges chaudes, c’est moins le fond du dossier de la mutuelle que la duplicité arrogante du secrétaire général d’En Marche!. Comme pour Cahuzac, chargé dans le premier gouvernement Ayrault de la lutte contre la fraude fiscale…

Vite, une loi!

Nos dirigeants sont médiocres et impuissants

En fait, les Français se défient de leurs représentants politiques, moins parce qu’ils seraient malhonnêtes, que parce qu’ils sont médiocres et impuissants.

Comme d’habitude, il est probable qu’il ne se passera rien d’intéressant ni d’utile.

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« Il se passerait toujours quelque chose aux galeries Lafayette » d’Orléans et/ou d’ailleurs : http://wp.me/p4Im0Q-1CO

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Le poison des années fric

La fin des années 1980 a vu l’éclatement d’un certain nombre de scandales, montrant que ce système n’était plus « socialement acceptable ». Tout le monde a compris qu’il fallait passer, comme dans d’autres pays (Allemagne, Italie), au financement public des partis. Une loi essentielle fut adoptée en 1990 sous le gouvernement Rocard.

Le texte reposait sur trois principes :

  • financement public en proportion du poids électoral,
  • limitation drastique des dépenses de campagne,
  • contrôle strict, assorti de sanctions, à la fois des campagnes électorales mais aussi de l’activité  financière des partis.

Il s’agissait, je le répète, d’une véritable révolution copernicienne dans l’activité politique. Qui a eu des conséquences très positives, mais également des effets pervers. La loi et la réglementation ont évolué jusqu’à aujourd’hui, toujours dans le sens d’une plus grande rigueur, parfois d’ailleurs ridicule. La jurisprudence a pris le relais et on pourrait considérer que le système est aujourd’hui stabilisé. Malheureusement, les dernières élections présidentielles ont montré que le respect des textes était à géométrie variable et que le candidat Macron avait bénéficié outre, de la disqualification de son concurrent par la justice, d’une singulière mansuétude des organes de contrôle de la régularité du scrutin.

Le refus de tourner la page

Il y avait trois solutions :

– L’amnistie. Avoir le courage du coup d’éponge en choisissant la bonne date. Soit 1995, soit 2002, le temps que les systèmes soient démontés et les mauvaises habitudes abandonnées. Cette solution aurait eu, entre autres mérites, celui d’éviter mélanges et anachronismes.

– L’opération « mains propres ». Comme le fit l’Italie, et comme le préconisait Jean-Luc Mélenchon, un coup de balai, une table rase. L’opération provoquera la disparition prématurée du paysage de 80 % du personnel politique. Le résultat chez nos amis transalpins, ce fut Berlusconi, le transparent Romano Prodi pour finir par Beppe Grillo. De toute façon, c’est trop tard pour faire ce genre de choses ici.

– L’opération « mains moites ». La pire des solutions. Qui a été adoptée dans les faits. s. De Gaymard à Ferrand en passant par Woerth, Thévenoud et Fillon. Rappelons-nous aussi Noir, Mouillot, Dugoin qui, douloureusement surpris, se défendaient en disant : « Mais tout le monde fait pareil !» Depuis 1988 – début des hostilités – la proportion des élus touchés est faible. Il y a 450 000 élus locaux et nationaux dans notre pays. En près de trente ans, quels sont les chiffres ? Détentions : peut-être une cinquantaine en comptant les provisoires. Mises en examen, disons 300. Jugements ou arrêts de condamnation définitifs : à ce jour moins de 100.  Et en général, ceux qui ont souhaité revenir en politique après ont été triomphalement réélus ! Une opération mains propres lente et molle.

Ceux qui ne veulent pas que ça change

Et tout ceci va continuer. Pour la bonne raison, que les principaux acteurs n’ont aucun intérêt à ce que ça change. Sinon, ils auraient agi depuis longtemps. Et qui sont ces acteurs ? Les trois sommets d’un triangle vaguement équilatéral : politiques, journalistes, magistrats.

  • Les politiques : Pourquoi faire de la politique quand on peut déshonorer ses concurrents ? L’action politique, sans trop la caricaturer, se réduit aujourd’hui essentiellement à l’assouvissement d’une ambition personnelle, déconnectée de grands projets collectifs. Comment se distinguer de ses adversaires, sans clivages idéologiques et différences politiques ? Tout simplement, en jouant les chevaliers blancs et en essayant de les disqualifier moralement. Mais gardez-vous, chers petits Ivanhoé, gare au retour d’épée !
  • Les journalistes : La transparence dans le brouillard ? La crise de la presse d’information est une évidence. Elle a des conséquences économiques qui retentissent lourdement sur sa qualité. La popularité des éditorialistes est aussi faible dans l’opinion que celle des politiques. Alors, que faire ? Deux choses :
    • d’abord porter au pinacle les “journalistes d’investigation” en prétendant qu’ils sont une des pierres angulaires du contrôle démocratique. Lorsque l’on connaît un peu l’endogamie matricielle qui les lie à la sphère politique nationale, on rigole de bon cœur.
    • Ensuite, profiter de ce qui constitue une niche économique. Aucune affaire politico-financière ne commence pour des raisons juridico-judiciaires. Dissimulé sous l’opacité de la transparence, il y a toujours un facteur extérieur, et souvent un imam caché : rivalités politiques, économiques, industrielles. Et une volonté d’instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes.
  • Les magistrats : Inamovibles, puissants, et encensés par les médias, pourquoi changer ? Or, en droit, le juge est là pour appliquer la loi et arbitrer entre des intérêts contradictoires. Le hiatus, c’est qu’il se vit aussi comme garant de l’ordre public. Cela n’est pas déshonorant, mais ce n’est pas sa mission. Inutile de dresser la liste des juges justiciers, tout le monde la connaît. De Thierry Jean-Pierre à Serge Tournaire en passant par Éric Halphen et Eva Joly,

Changer le scénario ?

Et cela durera. Les scénaristes de cette triste comédie ne changeront rien. Ils n’y ont aucun intérêt. Jusqu’à la prochaine clameur. Le soap Opération mains moites a de beaux jours devant lui. Les acteurs changent, mais le scénario restera aussi définitivement répétitif que celui des Feux de l’amour.

En attendant, nous allons avoir trois nouvelles « grandes lois de moralisation politique » qui seront aussi inutiles que beaucoup des précédentes, et qui ne restaureront pas plus la confiance.

Alors que faire ? Monsieur le président de la République, si je puis me permettre, abandonnez cette idée des trois grandes lois (dont une révision de la Constitution) dont la rédaction et l’adoption ne vont vous attirer que des contrariétés. Faites réaliser une compilation des textes existants relatifs à la responsabilité personnelle des décideurs publics, ils sont bien suffisants. Et si vous voulez inaugurer une ère nouvelle marquée par l’exigence pour l’avenir de l’irréprochabilité, soldez le passé en utilisant une méthode que votre maître Paul Ricoeur lui-même conseillait l’amnistie.

Faut-il dès lors accepter que des candidats se présentent sous l’étique « divers ». environ 30% des candidats sont des sous-mariniers de « grands » partis qui sans se dévoiler  se jouent de la représentation du Peuple. Qui sont ces divers au nombre de 2320 sur 7805 candidats répartis en pas moins d’une vingtaine de partis depuis les classiques jusqu’aux « divers 1 », « divers 2 », « divers 3 » et parfois « divers 4 » dans la même circonscription?

Il est indéniable que cela sert à fausser le résultat réel du premier tour.

Et pourtant on a le moyen d’interdire cette pratique…. Tout candidat a obligation lors de son inscription, d’indiquer à quel rattachement « financier » il appartient… (vous savez les 1,43 par voix obtenues au 1er tour, ne vont pas, en général au candidat divers « battu », mais à son « rattachement financier », il n(y a pas de petits profits et 200€ par ci, 300€ par là c’est toujours bon à prendre. Apprenez le sens du vote utile, profession de foi des politicards et découvrez qui en est bénéficiaire de vous ou du candidat…. Salauds d’électeurs que l’on doit violer pour faire vivre notre parti et pouvoir, aussi le faire payer pour ma vie de luxe …)

Il suffirait d’indiquer sur le bulletin de vote, après « divers » (rattachement financier à tel parti).

Macron, outre les affaires Ferrand et de Sarnez (et ce n’est pas fini….) ne rendra nullement transparente la vie politique. Le vouloir aurait déjà été d’interdire cette floraison de candidats « divers avariés » qui pourrissent le résultat électoral à venir. Alors pensez au second tour et ensuite.

Macron c’est le changement c’était hier (Hollande l’avait promis et chacun sait maintenant que lui n’est pas Hollande et vice versa). – Un coup d’oeil n’engage à rien….2320 diveravariés 2017

http://www.causeur.fr/affaire-richard-ferrand-emmanuel-macron-44635.html

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