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(07/05/2017) – La répression appelle la répression. Quel climat dans la rue, le 08 Mai 2017, après l’élection triomphale des blancs (par chèque ou par bulletin)?

Publié le

« Il se passerait toujours quelque chose aux galeries Lafayette » d’Orléans et/ou d’ailleurs. Le dernier avatar comique et miraculeux  : http://wp.me/p4Im0Q-1CO
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Violences policières « en marge » des manifestations : les mots pour (ne pas) le dire

Violences policières « en marge » des manifestations : les mots pour (ne pas) le dire

« Blessures, mutilations, violences, tirs dans le dos », « mise en place de dispositifs générant de fortes tensions », « usage non conforme de l’armement », « répression sans discernement », « mise en danger d’autrui », « abus de pouvoirs, humiliation, injures, menaces »… Autant de phénomènes observés et rapportés dans un « Rapport d’information sur les actions de maintien de l’ordre menées depuis le début des manifestations d’opposition à la loi sur le travail en février 2016 » publié par Reporterre et consacré aux pratiques de « maintien de l’ordre » pendant la mobilisation contre la loi Travail [1].

Les interventions policières : des réponses ?

Sauf exception, les « forces de l’ordre » ne sauraient intervenir qu’en réaction à une menace antérieure – ou une « provocation ». Autrement dit : c’est les autres (les manifestants) qui ont commencé !

Ainsi, les CRS se contentent le plus souvent de « répliquer » :

  • « Des manifestants font le pressing près de l’ancien Gaumont. Les CRS répliquent une fois encore. »
  • « Des bouteilles de verre sont lancées en pleine place de la République, au milieu des passants. Les CRS répliquent rue d’Orléans. »

… ou de « répondre » :

  • « Aux jets de pierre et de fumigènes, les CRS ont répondu par des tirs de flash-ball, devant des badauds médusés par le spectacle. »
  • « En réponse, les forces de l’ordre ont chargé le cortège »

À moins qu’ils ne soient contraints de « riposter » [3] :

  • « Environ 300 manifestants ont défié la police qui a riposté avec des bombes lacrymogènes. »
  • « Aux jets de pierres, celles-ci ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène et d’un lanceur de balles. »

Les pratiques policières : préventives et efficaces ?

L’usage de la force et l’occupation de l’espace public ne sauraient être évoquées sans qu’on souligne leur pertinence ou leur efficacité. Autrement dit : il faut ce qu’il faut…… Il faut savoir dissuader :

« Le déploiement exceptionnel de forces de l’ordre à Rennes, ce samedi, a dissuadé les casseurs de renouveler les violences commises vendredi soir. »

… empêcher :

« Dans la soirée, de nouveaux incidents ont eu lieu place Sainte-Anne, près de la salle municipale évacuée vendredi matin, avec un groupe d’une centaine de jeunes, mais les forces de l’ordre sont parvenues à empêcher ces individus de circuler dans le centre-ville, selon la même source. »

… protéger :

« Le centre-ville historique reste donc sous la protection des barrières anti-émeutes. La vie reprend aussi ses droits et les commerçants peuvent enfin souffler. »

Et en général, les forces de l’ordre… réussissent :

  • « La police a aussi réussi à interpeller un homme. »
  • « Ils ont chargé et ont réussi à récupérer tout le matériel. »

Les violences policières : des incidents difficiles à éviter ?

Les manifestants victimes de violence ne sauraient trop se plaindre des désagréments subis (pour mieux s’en assurer, on évitera généralement de leur donner la parole). Désagréments dont on s’abstiendra d’interroger trop précisément les causes. Autrement dit : n’exagérons rien, et puis de toute façon on ne pouvait pas faire autrement.

Commençons par l’euphémisme préféré des commentateurs :

  • « La polémique enfle après l’intervention musclée des forces de l’ordre près de la rocade de la ville de Rennes jeudi. »
  • « De très nombreuses personnes étaient incommodées par les gaz, le cortège étant composé en grande majorité de salariés, de familles avec enfants, de retraités. »
  • « Une lycéenne a été très légèrement blessée par un éclat de grenade lacrymogène. »
  • « Un incident a particulièrement fait monter la tension dans la ville : le 28 avril, en marge d’un défilé contre la loi Travail, un étudiant en géographie de Rennes 2, âgé de 20 ans, a perdu l’usage de son œil après avoir été touché par un projectile. »

« Incident » – « petit événement fortuit et imprévisible », comme le définit le Trésor de la langue française –, voilà bien le mot approprié pour évoquer la perte d’un œil due à « un projectile » non identifié. Du reste, on n’oublie généralement pas de rappeler que ledit « incident » s’est produit « en marge » de la manifestation : « Un étudiant âgé de 20 ans a été grièvement blessé à l’œil gauche à Rennes en marge de la manifestation » (ouest-france.fr, 28 avril 2016) ; « Le jeune homme grièvement blessé à l’œil par un projectile en marge d’une manifestation contre la loi travail à Rennes le 28 avril a porté plainte contre X pour « violence aggravée » à l’IGPN » (lefigaro.fr, 6 mai 2016). Autre formulation disponible : on aurait affaire à des « dérapages », au sujet desquels Ouest-France s’interroge benoîtement :

« Dérapages contre les manifestants : une fatalité ? »

Une partie de la réponse à cette délicate question se loge dans l’emploi du verbe devoir, dans une tournure récurrente en pareil cas – mais beaucoup moins quand il s’agit d’évoquer les agissements des manifestants :

  • « Les forces de l’ordre ont dû utiliser des lacrymogènes. »
  • « Ces derniers ont dû faire usage de gaz lacrymogènes et de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) pour refouler les manifestants. »

Et si l’on en est réduit à devoir malgré tout appeler les choses par leur nom et à évoquer crûment des « violences policières », il reste un dernier recours, l’usage de guillemets, hautement déontologiques (mais dont on peut se passer pour évoquer les « violences » des manifestants – qu’on peut parfois évoquer, puisqu’on les redoute, avant même qu’elles aient eu lieu) :

  • « Ce qui inquiète les autorités, c’est surtout le rassemblement annoncé samedi et censé dénoncer “les violences policières”. »
  • « Les forces de l’ordre s’attendent à l’arrivée ce samedi de 700 à 1000 manifestants contre les “violences policières”. »

Cette façon de présenter les pratiques policières – des réponses inéluctables, efficaces, et aux conséquences mineures – constitue-t-elle une forme de légitimation médiatique des violences policières par la presse ? Poser la question constitue une part de la réponse.

Les régaliens sont de fait des brutes légales, autorisées à tous les expédients possibles au nom du désordre social. Peut-on imaginer des manifestants se faite tabasser sans « riposter ». Un manifestant manifeste son mécontentement. Que manifestent les flics. Et quand ils utiliseront légalement l’ultima ratio face aux manifs, nombreuses à venir…, au nom du tousaufisme catastrophique?

http://reseauinternational.net/violences-policieres-en-marge-des-manifestations-les-mots-pour-ne-pas-le-dire/

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